29/11/2007

Que choisir ?



Chez la jolie femme, la beauté pallie un temps compté son absence de cervelle
Chez la femme laide, la vivacité d'esprit supplée de tout temps sa disgrâce naturelle
A vous ce choisir entre l'éphémère et l'éternel

11:42 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/11/2007

Le plombier.


Lundi.
C'est toujours lorsque vous êtes occupé par d'autres sujets qu'un pépin imprévu vous arrive. Dans ce cas, le chauffage central. Une fuite "maison" et cet imbécile de plombier n'est pas capable de la détecter. Il est venu, a regardé, a prétendu ne rien voir et s'en est retourné dans ses quartiers. "Veni, vidi, partiti la cauda entre las jambas". Et les trois litres que je dois ajouter chaque jour, je les bois sans doute !? Et qu'il ne vienne pas me demander quel est l'abruti qui a fait l'installation : c'est lui. Je vais te lui mettre sa facture sous le nez à ce connard ! Bref, ça chauffe dix heures, ça refroidit jusqu'au moment où je commence à geler des extrémités et rajoute de la flotte. A quatre heures du matin, réveillé par le froid, je dois me lever, m'habiller, sortir et foncer dans l'annexe pour donner le biberon à la chaudière qui ne chauffe plus qu'elle même. Ce matin, j'ai téléphoné à mon artiste en lui demandant de repasser. "Sans faute", m'a-t-il répondu. Dis-huit heures. Il fait noir. Personne n'est venu.
Quand les Flamands prétendent que les Wallons ne foutent rien, je finirai par les croire !

Mardi.
Je retéléphone. Il se fout de moi, ce type.
- Alors, Monsieur Carillon ? Je vous ai attendu toute la journée d'hier.
- Je n'ai pas eu le temps. Je viendrai cet-après-midi.
- Sans faute ?
- Promis.
Mouais. S'il me refait le gag d'hier... Et j'ajoute mes trois litres d'eau quotidiens pour passer le temps. C'est le genre de problème qui vous taraude l'esprit : vous vous attendez au pire, la panne complète ou la pièce défectueuse dont le remplacement prend huit jours. Défectueuse ? Cela n'arrive jamais. A vous... si ! Il n'y en a qu'une chance sur cent mille : elle vous attendait. Ils n'en ont pas en stock. Faut la commander; Où ? En France. Avec les grèves...

Mercredi.
Ah, le voilà tout de même. S'il me dit qu'il ne voit rien, je lui fais boire toute l'eau qui reste dans l'intallation.
- Je vais tout vérifier, Monsieur Dupont.
Laissons faire et attendons la suite.
- Alors, Monsieur Carillon ? Vos conclusions.
- Désolé mais votre installation ne comporte pas de fuites. Tout va bien.
- Mon installation perd trois litres d'eau par jour et vous me dites que tout va bien ? Vous vous sentez bien ?
- Sur trois cents litres, cela ne fait que un pour cent
- Par jour !
- Oui, mais ce n'est pas dramatique de rajouter quelques litres tous les deux trois jours.
- Non, bien sûr. Par moins dix degrés et à quatre heures du matin, ce sera une joie. Vous téléphonerai pour vous tenir au courant.
- C'est votre circulateur qui fait de l'air.
- C'est mon quoi qui fait quoi ?
- Il tourne à deux mille sept cents tours:/min. Alors, il fabrique de l'air...
- Mais il n'en produisait pas avant. Soudain, il a décidé : "tiens, si je faisais de l'air !". Monsieur Carillon, vous vous foutez de moi ? Et il va le chercher où, cet air ?
Et voilà mon plombier parti dans des explications défiant toutes les lois physiques connues. Il devrait pondre une communication à l'Académie des Sciences... C'est un Newton méconnu. qui me raconte ses salades. Il me prend pour un demeuré ou quoi ?
- Monsieur Carillon, vous savez lire ?
Je lui ai offert le bouquin "les cents arnaques aux particuliers". Etrange, il n'a pas aimé !

09:25 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

21/11/2007

Le décapsuleur.


Tout le monde connaît les affres d'un déménagement. Inutile d'insister.
Ce que l'on sait moins ce sont les manques et les énervements. Lors d'un déménagement rapide, ce genre de désagréments se manifeste peu. Mais lorsqu'il s'étale sur deux mois...
Vous avez consciencieusement marqué sur le carton son contenu, puis pour remplir les quelques espaces restés inoccupés, vous y ajoutez, un tire-bouchon, un couteau de cuisine, une statuette, des mouchoirs, bref n'importe quoi pourvu que ces derniers objets calent l'essentiel. Et vous notez sur la caisse en fin de liste : divers. Les cartons s'accumulent. Vous voyez enfin la fin de votre calvaire. Encore un effort et vous serez fin prêt pour le jour J.
Mais c'était sans compter sur le hasard. Un ami et sa compagne viennent vous aider. Ils vous consacrent leur dimanche bénévolement. A charge de revanche. Cette présence vous enchante. Un fameux coup de main pour vous avancer en vue du jour fatidique et vous permettre de prévoir l'imprévisible.
L'imprévisible ! Ils s'attendent à un repas frugal, jus de fruits, bières... Vous vous êtes pointé à l'épicerie du coin, "Chez Omar" ouvert le dimanche. Sandwiches, boissons... vous êtes paré. Après deux heures de déplacement d'air et de poussière, vous proposez un break. Une ou deux bières pour les hommes, un jus d'orange pour Madame.
- Cathy, un verre ? Bruno ?
- Moi je veux bien un verre, répond Cathy.
- Laisse tomber Jules. On boira à la bouteille, propose Bruno. Tu as un décapsuleur ?
Vous avez effectivement un décapsuleur. Quelle question ! Mais où ? Et vous constatez, penaud, que vous l'avez déjà emballé, parmi les divers ! Autant cherchez une aiguille... Votre esprit travaille à toute vitesse : vite, une solution de remplacement. Vite dit...
- C-à-d que...
- Tu l'as déjà rangé dans un carton ? Le coup classique. Que fait-on ? J'ai soif... Tu n'as pas un voisin qui pourrait nous dépanner ?
- Sans doute.
Alphonse est à la mer, Gaston et les autres assistent à un match de foot en Flandre, dans un patelin dont j'ai oublié le nom. Reste... Madame Mouchaboeuf, la sanction suprême.
- Bonjour Madame, vous n'auriez pas un décapsuleur à me prêter ? S'il vous plaît.
- Tiens, mon voisin ! Vous allez encore vous saouler et mes poules par la même occasion, comme la dernière fois ? Je ne soutiens pas vos orgies, vous l'admettrez. Z'êtes la honte du village.
- Mais Madame, c'est de la bière sans alcool ! Vos poules ne risquent rien.
- Mouais. Heureuse de l'apprendre. Et elle s'appelle comment cette miraculeuse bière anti-cuite ? Si je vous entends chanter, j'appelle police-secours. Nous sommes bien d'accord ?
Milliardidju, se déculotter pour un décapsuleur !
- Jupiler "light". Cela vient de sortir. Elle est excellente, dit-on. Seulement, pour la goûter... Non, Madame, pas de bruit, pas de souci.
- Voilà. De toute façon, dans un mois, vous serez hors de ma vue. Pour moi, c'est le principal. Pas étonnant que votre épouse se soit réfugiée chez sa soeur...
Un service rendu compensé par une ou deux vacheries. Elle n'est pas en forme ces temps-ci, la Mouchaboeuf !

08:21 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

17/11/2007

La mer monte...



La mer monte...
Pourquoi se disputer des parties de territoire avec les Flamands ?
Dans vingts ans, nos amis nous en mendieront quelques parcelles...
Suffit d'attendre !

22:03 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Le départ.


Sylvie est partie. Sans laisser d'adresse. Elle s'était introduite chez moi, invoquant son amitié avec Antoine, un copain, qui ne pouvait la loger. Une femme et quatre lardons... Compréhensible. Samedi, j'étais sorti faire mes courses hebdomadaires. Elle dormait encore. A mon retour, plus personne. Si, un soutien et deux petites culottes et un petit mot : merci pour tout, Sylvie.  La paix, enfin. Je ne sais si vous réagissez comme moi mais je me pose des questions : peut-être ai-je été trop brutal, trop impatient, une brave fille, gentille, ouverte... Tout se bouscule dans ma tête. Une consolation : elle m'a quitté de sa propre initiative. Je ne l'ai pas virée. D'accord, un peu aidée à vider les lieux mais sans la brusquer. Et voilà que, pétri de remords, je regrette déjà ce départ précipité. Je ne sais pas ce que je veux. Nelson paraît content. Les coups de pied au c ... il en avait marre. Sur le divan retrouvé, il s'étire de satisfaction.
Et zut... j'ai oublié de prendre mes médicaments chez le pharmacien. Un vieux célibataire, septante ans bien sonnés mais sec comme une trique. En paraît à peine soixante. On se tutoye, depuis le temps...
- Bonjour Jules. Attends, je t'ai tout préparé. Voici. Et ta nouvelle conquête...?
- Salut Louis. Comment es-tu au courant ?
- Madame Mouchaboeuf... Elle m'en a parlé hier, je crois.
- La vieille peau ! De quoi je me mêle ? Tout le village est informé, si j'ai bien compris !
- Ce n'est pas dramatique. Désolé Jules, mais ta Sylvie, je l'ai connue avant toi, il y a deux ans à peu près. Elle a créché chez moi environ trois mois. Gentille fille et... entreprenante.
- De toute façon, elle est partie.
- En te laissant un soutien et deux petites culottes. Ne t'énerve pas, c'est son rituel de remerciement. C'est la Providence...
- Louis, tu deviens un fameux crapaud de bénitier en vieillissant. Tu t'es consolé avec le curé, à l'époque ? On dit qu'il a une bonne cave... Je sais, tes convictions. N'empêche que notre Sylvie t'a fait commettre quelques péchés mortels au passage. Non ? Depuis, tu t'es confessé et tu es "clean". Pratique... Bon, j'arrête.
- Tu la regrettes, hein... Jules ?
- Oui et non. Je ne sais plus.
- Rassure-toi. Je me suis interrogé aussi, après son départ. Mais c'est un papillon. Elle butine chez l'un, puis chez l'autre. prend son envol pour à nouveau se poser quelque temps chez un troisième. Nous sommes trop vieux pour supporter sa jeunesse. Ele le sait et protège sa liberté. Pourquoi nous ? Parmi les hommes, nous sommes les moins dangereux. Nous avons vécu.
- Tu as raison. Au revoir, Louis. A la prochaine.
Je suis rentré chez moi en traînant les pieds. J'ai retrouvé cette solitude, ma solitude qui tue à petit feu et en suis arrivé à cette conclusion : "pour partager nos joies comme nos emmerdements, seule la présence d'une femme avenante nous est indispensable." Quand j'y réfléchis, on ne demande pourtant pas la lune !

10:41 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16/11/2007

Révolte des mâles.


- Dis, Patron. Ce n'est pas parce que tu as rencontré quelqu'un qu'il ne faut plus me donner à boire et à manger. Les souris se font rares en hiver et ta pâtée laisse à désirer. Tu le sais, ça ?
- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi, Nelson.
- Je n'en peux rien si tu cherches les emmerdements...
- Nelson, fous-moi la paix.
Il a reçu quelques coups de pied au cul de Sylvie parce qu'il trônait sur le lit et lui mordillait les orteils. Cette idée aussi de dormir les jambes à l'air. Il aurait pu lui griffer les fesses et je n'aurais pas donné cher de sa peau, au matou.
- Salut, c'est moi...
- Quand on parle de... Moi, je vais me planquer. Je ne puis pas l'enchatter, ta donzelle. N'oublie pas ma gamelle. Et améliore un peu l'ordinaire... entre deux mamours !
- Milliardidju, si je t'attrappe...
- Ah, Jules, tu es là. A qui parlais-tu ?
- Au chat.
- Cette sale bête !
- Respecte mon chat, à défaut du reste. Et puis ici, c'est moi qui commande. Faudrait pas l'oublier. Je t'héberge parce que tu m'as prétendu être en difficulté mais il ne faut pas pousser le pépé. OK ?
- Mais oui, mon Jules, je ferai tout ce que tu voudras. Je vais te faire un bon repas, tu t'en lècheras les babines. Et après, un bon dodo.
- Tout seul ? Dans mon lit ?
- Si tu le désires. Je dormirai dans le canapé, avec ton bête chat. Là, tu vois, je fais un effort... Je vais à la cuisine...
C'est qu'elle me sortirait des larmes de remords, cette nana. Misère, dans quoi me suis-je embarqué ? Etrange, la vie. Tu rends service et la sanction est immédiate : tu nages dans les emmerdements.
Et après ça, cerise sur le gâteau, elles nous traitent de salauds et se tirent en claquant la porte, tout en nous extorquant vingt euros pour le taxi.
- Dis, Patron, ai-je bien entendu ? Mon divan ? Avec elle ? Tu veux ma mort ?
- Jules, le dîner est prêt. Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu parles tout seul maintenant ? Tu as une voix bizarre. Tu es malade ?
- Je suis un peu sorcier. Tu n'avais pas remarqué ? Alors, il m'arrive de parler et d'agir à la place d'une personne décédée de mort violente, d'accident, d'un bandit guillottiné, assassiné, disparu...
- Jules, tu me fais peur...
Enfin, une bonne nouvelle ! Tu vois, mon vieux Nelson,  je pense à toi, à ton canapé et... à moi, par la même occasion.
- Oui, je provoque l'angoisse chez les personnes sensibles et beaucoup pensent que j'ai vendu mon âme au diable. Tout à coup, le phénomène démarre et je ne suis plus moi mais un autre, un monstre. Tu comprends ? Je me déplace en plein paranormal et commets parfois des actes irréparables. Je me réveille et ne me souviens de rien.
- Dis, Jules... Non, tu rigoles. Tu veux m'asticoter ? M'affoler ?
Je pressens le dénouement de cette aventure proche. Ah, ces femmes dites libérées...!

01:27 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/11/2007

Sylvie.


Oui, cette nuit encore, Sylvie était chez moi. J'avais essayé en vain de la faire déguerpir avant son bâillement fatidique : bouffe innommable, bière chaude, bouteille de cognac désespéremment vide... Passons les détails. Indéboulonnable, cette fille !
Ce matin, je me réveille sentant une présence à mes côtés. Six heures du matin. Quel est l'enfoiré qui a branché le réveil à cette heure matinale ? Milliardidju, je l'avais oubliée. Ben oui, évidemment : ma  Sylvie. Se gêne vraiment plus. Je vais lui mettre les points sur les "i". Chez moi, ce n'est ni un hôtel, ni une maison de passe. Je ne lui ai rien demandé, en plus, à cette Sylvie !
- Ah, Jules, tu es là ?
- Comme tu vois. Toi aussi...dans "mon" lit !
- Sois pas grincheux, hier... Tu as de la chance que je t'aime bien. Tu le sais ?
- Oui. Mais hier c'était hier et aujourd'hui.... Tu ne travailles pas ?
- C'est aujourd'hui. Sisi, j'y vais.
Et voilà ma gazelle qui quitte le lieu de tous mes vices et se dirige, toute nue, vers la salle de bains.
- Tu viens prendre une douche ? Je te savonnerai.
- Naon !
Tiens. C'est plus rapide que d'habitude. Dix minutes, montre en main. Elle n'a pas l'air de vouloir s'habiller.
- Jules, tu veux quoi pour ton petit-déj ? Café, thé, lait chaud, cacao ?
- Café. Tu vas déjeuner à poil ?
- Ben oui. Cela te choque ?
Quand je vois ses fesses rebondies, ses seins généreux, son sourire aguicheur... je déprime. Que suis-je pour elle ? Et puis, je suis marié (encore). Qu'espère-t-elle ? Allez comprendre ces chemins impénétrables de l'esprit féminin. Ce n'est pas comme les autres... Jules, tu es méchant ! Ah, elle se décide tout de même à s'habiller, enfile finalement son manteau.
- Bon, Jules, à ce soir.
- Quoi ?
- Discute pas. Je n'ai pas le temps. Cherche pas les problèmes. On n'est pas bien ainsi ? Pourquoi tu te poses éternellement des questions stupides. Laisse-toi vivre. Tu en as l'occasion, je suis là...
Elle ne me laissera pas le temps de placer un mot. Je me serais permis de sortir le quart du tiers de ce que Sylvie me chante, à ma femme à l'époque, sans rire, je ne serais sans doute pas ici à vous causer. Les temps changent...

12:34 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |