20/12/2007

La crémaillère.


A peine arrivé, ma voisine du premier a voulu m'essayer... enfin, mon canapé !
Même pas eu le temps de lui dire "une autre fois peut-être" que, déchaînée, elle m'est grimpée dessus... enfin, sur le bidule !
 
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06:48 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Le déménagement.


Homérique ? Un euphémisme. J'avais tout prévu, même les pintes de bière d'usage pour les trois déménageurs. Par un froid pareil, ils avaient besoin d'avoir le moral au-dessus de zéro, surtout après avoir zieuté ce qui les attendait. Tout était prêt, emballé, démonté, noté... Pourtant, z'étaient pas contents.
- Monsieur, et ces meubles-là, ils ne se démontent pas ?
- Au XVIIIème siècle, on ne déménageait pas souvent, vous savez. Alors, à part les portes, les tiroirs, les planches intérieures, ils sont d'une pièce. Désolé.
- On fait quoi ?
- Comment ça, on fait quoi ? Vous les transportez ainsi. Il n'y a pas d'autres moyens, à ma connaissance.
Grand conciliabule. J'entends des commentaires divers derrière mon dos. Encore un taré, un vieux  schnock, un illuminé. Pouvait pas acheter son mobilier chez Ikéa ? C'est beau mais... pfft, lourd ! Je leur verse les premières chopines de leur rude journée pour les amadouer. Ils se détendent et ne vont pas tarder à s'y mettre, à ce qu'ils disent. Le temps de vider cul sec une deuxième chope sans faux col... Ah, enfin...
- Ce sont des meubles de famille ?
- En quelque sorte, oui. Et ils coûtent chers !
Autant leur faire comprendre tout de suite qu'il ne s'agit pas de laisser mes meubles choir brutalement sous prétexte d'une crampe foudroyante. Ils soulèvent le premier, oscillent, s'équilibrent, évaluent le poids et rassurés passent la porte et rejoignent le camion. Tout s'est bien déroulé. D'accord, ils ont pris le plus petit pour s'échauffer. Enhardis, ils reviennent saisir le meuble suivant. J'ai eu chaud...
Deux meubles embarqués. Ils s'attaquent aux cartons. Je ferme les yeux. Ils ne savent pas lire ? J'ai écrit sur certains cartons "fragile". A les voir chahutés comme des sacs de noix, je me demande pourquoi. Paraît que je suis assuré. Ce n'est pas une raison...
Après trois heures d'efforts mesurés, ils ont fini et le camion est fermé. Direction : mon nouveau domicile.
- Monsieur, la nouvelle adresse est bien "rue de la Pompe" numéro treize ? Et l'étage ?
J'ai aussi envie de les mettre en boîte :
- Au quatrième... sans ascenseur.
- Oups. Les meubles XVIIIIème montent aussi, par les fenêtres ?
- Les cartons, oui. Les meubles non. Les fenêtres sont trop petites. Par l'escalier, forcément.
Nouvelle conférence. J'ouvre de nouvelles bouteilles de bière...
- Cela prendra du temps et de la transpiration, me déclare le chef d'équipe. Quand nous serons sur place, nous demanderons l'élévateur. Pour le moment, il est indisponible.
- C'est ça. Contre un bon pourboire...
- OK. On y arrivera.
Ils me semblent soudain de très bonne composition. L'odeur de l'argent sans doute...
Nous débarquons rue de la Pompe, numéro treize.
- Mais Monsieur, il n'y a qu'un étage. Vous déménagez où ?
- Au rez-de-chaussée, sans ascenseur.
Le chef me lance un regard assassin. Reste à ouvrir trois autres bouteilles... pour faire avaler la couleuvre. Un déménageur qui se respecte manque principalement d'humour. Ne parlons pas du caput-mortuum. Et le trajet inverse débute. Le camion se vide peu à peu.
C'est alors que l'incident s'est produit : le dernier et plus gros meuble ne s'introduit pas ! Coincé en biais entre le mur et le chambranle de la porte.de l'appart.
- Il est une heure de l'après-midi. Nous cassons la croute. Nous réfléchirons en même temps. Posséderiez-vous encore de la bière ?
- Oui. Le froid entre dans l'appartement. Ne traînez pas.
- Dites Monsieur, on fait ce qu'on peut...
Mais c'est bien sûr : par la fenêtre arrière. Elle est assez grande. Il passera par là. Attendons qu'ils aient terminé leurs agapes.
J'explique mon plan au chef. Il va voir. Il est d'accord.
Dzing... Un bruit de verre cassé : le double vitrage !
- Vous avez de la chance, Monsieur : une seule vitre cassée ; l'autre a tenu.
- De la chance !? Mais, milliardidju, on ne vous a jamais dit qu'il est vivement conseillé, même en Belgique, d'ouvrir la fenêtre d'abord ! Non, je n'ai pas besoin d'explications... Oui, je sais que je suis assuré...
- Excusez-nous, Monsieur. Les hommes sont fatigués. Je suppose que votre promesse de pourboire tient toujours ?

Didju, pour ça, ils ne perdent pas le Nord... Les enfoirés !

06:17 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/12/2007

Bonjour les amis.


Eh oui. Ce fut long... long...

Mais me voilà de retour après un déménagement épique.

Envahi de cartons, caisses, clés, gadgets divers, brol à destination inconnue, je suis à nouveau prêt à satisfaire votre soif d'humour et de mauvaise foi, assis sur un tabouret branlant et mon portable sur les genoux.

Encore quelques jours et je serai tout à vous (tout ? Faut pas exagérer...). J'en vois déjà se pourléchant les babines et salivant à l'apparition du moindre mot. J'essayerai de ne pas les décevoir.

A bientôt, les amies et amis. Joyeux Noël !

09:05 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

09/12/2007

La fuite.


J'ai parfois l'impression de vivre des rêves suivis de cauchemars plus atroces les uns que les autres, d'avoir reçu une tuile sur le coin de la cafetière après m'être persuadé longuement : "non, celle-là, elle n'est pas pour moi". Eh bien, si, elle l'est. Simple erreur d'appréciation de la trajectoire. Comment ai-je pu en douter ?
Mon plombier, Monsieur Carillon, après m'avoir proclamé haut et fort que la fuite dans l'installation était un fantasme de ma part et que, conséquemment, des soins urgents devaient m'être prodigués, avait refusé d'encore subir un client de mon espèce. Bref, je n'avais qu'à m'adresser à un autre chauffagiste qui  arriverait aux mêmes conclusions et m'assurerait : "Monsieur Dupont, vous prenez votre fuite pour une réalité obsessionnelle alors que..."
J'ai donc fait appel à un détecteur de fuites (oui, ça existe). Un quart d'heure et... il avait trouvé. La fuite se situait sous le carrelage et la chape : un filetage défectueux ou le serrage insuffisant d'un joint, sans doute. Cela me fait une belle jambe de le savoir. Puis convoquer un plombier pour avoir une idée du prix et avertir la compagnie d'assurances. Encore des tas de papiers à remplir, avec des questions stupides. Mon âge, par exemple. La fuite décelée sera-t-elle plus acceptable si j'ai soixante piges plutôt que vingt ? L'assureur seul le sait. Il paraîtrait que ces renseignements sont destinés à ses statistiques. Et c'est moi qui suis fêlé...
Et le parcours du combattant se dessine. Le téléphone chauffe !
D'abord, demander à l'expert de confirmer et d'accepter les dégâts et leurs montants.
- Mais Monsieur Dupont, nous sommes à quelques jours des vacances de Noël. Vous comprenez... Début Janvier, sans doute... Vous avez froid ? Faites comme moi, prenez des vacances. Vous déménagez ? Vous ne pouvez le retarder. Evidemment. Je suis malheureusement à l'étranger à partir de demain : je vous mets en priorité pour le début de l'année prochaine. Je ne peux faire plus. Logez dans votre nouvel appartement. Votre chat ? Vous ne croyez pas que vous vous compliquez la vie. Si j'ai des animaux domestiques ? Non, pourquoi ? Non, le coût du placement d'un animal n'est pas prévu dans le contrat... Je ferai de mon mieux. Bonnes vacances... Non, je ne me moque pas de vous... Oui, vous pouvez commencer les travaux après réception du devis. Confirmation écrite ? Bien sûr. A plus tard...
Et l'expert, zieutant amoureusement ses paires de ski, raccrochera en vous tenant comme le roi des emmerdeurs.
Ensuite, le chauffagiste.
- Bonjour Monsieur Delot. Vous êtes venu prendre les mesures. Quand votre devis m'arrivera-t-il ? Oui, j'ai le feu vert de l'assurance. En fin de semaine. Pas avant ? Je comprends... Et les travaux ? L'année prochaine. Vos fournisseurs sont en vacances. Si j'ai bien compris, milliardidj, l'Enfant tant attendu est né pour la deux mille septième fois et tout s'arrête... le temps de vérifier que ce n'est pas un canular. Vous n'y pouvez rien. Moi non plus. Que je pense aux SDF ? Vous avez raison, cela me réchauffera de savoir que je ne suis pas le seul à me les geler : ça aide ! Bien. A l'année prochaine. Bonnes Fêtes ? Vous plaisantiez. Ben, voyons. Oui, à l'année prochaine. Au revoir.
Le plombier aussi, devant sa chope de bière, chez lui, bien au chaud, me prend pour un messéant pot de colle.
En ce qui concerne les autres... Entendons-nous bien. Le premier qui me souhaite "Joyeuses Fêtes" risque la fuite de sa vie à l'échelon de son appendice nasal  et quelques jours aux soins intensifs en attente du retour de l'hémisphère austral du chirurgien spécialiste. Je demanderai à ma victime de penser à tous ces pauvres gens qui se morfondent depuis des mois si pas des années dans une chambre d'hôpital nue et impersonnelle : ça aide !

09:40 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

04/12/2007

Un site de rencontres.


Vous n'avez jamais remarqué ce paradoxe ? Vous cherchez quelque chose de bien précis et vous trouvez autre chose qui ne manque pas d'intérêt mais dont vous n'avez aucun besoin... dans l'immédiat. Je ne savais pas qu'en amour ou amitié le phénomène était similaire. Vous cherchez une âme soeur. Une copine vous promet de la rencontrer si vous l'accompagnez à telle soirée.
- Tu verras. Elles sont mignonnes et pas farouches. Avec un peu de bagoût...
- Tu crois ?
- Je t'introduirai auprès des plus chouettes. Fais-moi confiance.
- De toute façon, je n'ai pas le choix. Je ne connais personne.
Un château. C'est immense. A l'entrée, première surprise : il faut s'inscrire sur un registre. C'est la tradition. La copine nous inscrit. Mais pourquoi se fait-elle passer pour ma femme ? Je suis flatté mais... Et nous entrons.
Effectivement, une multitude de femmes apparemment dans l'expectative d'une rencontre sympa et quelques hommes perdus dans la masse qui les ignorent complètement. Tous les âges se côtoient. J'ai l'impression que ce sera encore une soirée perdue. Qu'est-ce que je fabrique ici ? En tout cas, ils boivent comme des Polonais. La plupart des couples sont unisexes, ne dansent pas mais titubent des slows. Va falloir en dénicher une moins entamée que les autres si je veux discuter le coup. Ma "femme" s'est perdue dans la foule.
Un grand escalier mène à l'étage au-dessus. Pour accéder à l'étage, il faut se réinscrire. Pour quoi y faire ?
- Ah, tu es là ?
Mon amie et "femme" pour la circonstanve enlace une poupée de vingt ans sa cadette.
- Viens, on monte.
- Où ça ?
- Au dortoir
- Mais je n'ai pas sommeil.
- Imbécile...
Au premier, une salle semblable à celle du rez-de-chaussée. Deux-tiers du local est parsemé de matelas aux housses multicolores et le tiers restant occupé par une salle d'eau avec douches permanentes.
Dans un coin, un bar où se tiennent quelques hommes. Ont avantage à se tenir d'ailleurs. Des corps féminins qui se... partout : Rome sous Néron. Parfois la... d'un homme émerge de l'amas de fesses et de seins pour disparaître aussitôt.
C'est à ce moment que je me suis rendu compte du lieu de perdition dans lequel je me vautrais. Juré, je ne savais pas...
Oui, on me l'a déjà dit : je ne suis pas futt-futt ! Où est-elle, ma p... de "femme ?"

11:56 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

03/12/2007

Les importuns.


Driing, driing... Le téléphone. Huit heures du matin, un dimanche. Un dingue !
- Allo ? Delphine ! Tu as vu l'heure ? Il fait clair ! Et alors, milliardidju ? Ta maman veut me parler. Oui, j'écoute.
- .../...
-  Aujourd'hui ? Non, je ne suis pas libre. Ce que j'ai à faire ? Mais cela ne te regarde pas, ma chérie.
Et puis quoi encore ? S'ils s'imaginent que j'ai l'intention de leur soumettre mon emploi du temps, ils se fourrent le doigt dans l'oeil... jusqu'à l'omoplate, mes héritiers.
- Me quoi ? Désister. Non, ce n'est pas possible. Oui, c'est important. Non, ce n'est pas grave. Non, je n'ai rien à te dire. Pardon ?
Dès que vous vous retrouvez libre de vos mouvements, les premières questions que la famille se pose :  qu'est-ce qu'il fait ? Qui fréquente-t-il ? Une femme ? Oui ? Deux ? Non ? A son âge. C'est sûr ? On les connaît ?
- Je m'organise encore comme il me plaît, ma fille. Ce n'est pas toi qui m'en empêcheras. Je suis encore responsable de mes actes, non ? Aurais-tu l'intention de me colloquer ?
- .../...
Non, je ne suis pas fâché. Quoi encore ?
- .../...
- Maintenant ? Pas question. Je vais me recoucher. Au revoir.
- .../...
- Je m'en fous !
Je vous jure ! Une famille pareille, je m'en passerais bien.

10:27 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29/11/2007

Que choisir ?


Chez la jolie femme, la beauté pallie un temps son absence de cervelle
Chez la femme commune, la vivacité d'esprit supplée sa disgrâce naturelle
A vous de choisir : l'éphémère ou l'éternel

11:44 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |