14/01/2008

Les amours déçus.


Je rêve d'un amour sans contrainte. Pas possible, me direz-vous. C'est exact. Encore un fantasme non contrôlé. Mais, en imagination, tout est permis. N'est-il-pas ?
Le fait d'aimer : personne n'y échappe. Ceux ou celles qui prétendent le contraire sont des fieffés menteurs.
Vous aimez d'abord sans arrière-pensée : "tout le monde il est beau..." Et puis, vous constatez une série d'incompatibilités, de différences, de désirs frustrés, d'oppositions... Malheureusement, ce que vous observez, votre partenaire du moment, perdue dans sa béatitude (elle en a ferré un et elle mouline), n'y prend garde. Les premieres fissures se creusent. Vous passez outre : cela s'arrangera avec le temps. Erreur, cela ne se déroule pas ainsi car finalement vous ne percevez plus que les défauts de votre âme soeur. Ils vous obnubilent. Il serait pourtant possible pour elle de... Ce n'est pas demander la Lune, tout de même !
Doucement et amicalement, vous tentez d'amener votre compagne à se corriger. Elle ignore superbement vos remarques. Vous n'avez qu'à vous adapter. Vous êtes un homme, non ?! Vous devenez de plus en plus pressant en lui annonçant que vous ne pouvez continuer comme ça, qu'il faut en discuter sérieusement et s'adapter l'un à l'autre. Vous êtes même prêt à faire d'importantes concessions. Elle s'accorde à se corriger et à se montrer plus attentive à votre personne et souhaits ( elle vous a ferré mais si le fil casse...). Elle en profite pour vous exposer ses propres griefs : ils se bousculent en désordre. Certains sont justifiés et vous vous engagez à les éliminer au plus vite.
C'est alors que la momerie féminine refait surface :
- Tu t'engages, d'accord. Quand je verrai que tu as changé, je le ferai également. En attendant...
- Mais je pensais que nous le ferions ensemble, chacun les siens.
- Et tu t'imagines que tu vas me faire avaler ces bonnes paroles. Tu rêves !
Je rêvais sans doute mais, cette fois, je suis réveillé ! entre solitude et emmerdements... Arrêtez manège, je veux descendre.

08:01 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

10/01/2008

Le Boxer.


Tatati... tatati... tatati... Téléphone. Avant, il faisait dring... dring... dring... Maintenant... Le con qui a inventé ce truc... et il y en a qui ne peuvent plus s'en passer et se baladent toute la journée avec ce bidule à l'oreille ! Faut être taré. En cas d'urgence, cela peut se comprendre, sinon...
- Allo ? Qui ça ? Delphine ? Bonjour, comment vas-tu, ma chérie ? Tu es à la gare. Tu as pris un train ? Non, le bus. Oui, et alors ? Que je vienne te chercher... à la gare. Oui, je sais où elle se trouve ! Dans dix minutes. A tantôt.
Je n'ai rien pigé. Qu'est-ce qu'elle fout à la gare ? "Je t'expliquerai" m'a-t-elle dit. Allons-y...
De retour à la maison avec Delphine, ma petite-fille, j'avais déjà compris pourquoi elle avait pris le bus. J'admets que le temps ne se prêtait pas aux balades à vélo.
- Au fait, Delphine. Tu ne m'as pas dit quel vent favorable t'amenait en ville.
- J'ai un tas de bricoles à acheter pour Maman, Papa et moi. Tu pourras m'amener au centre commercial ?
- Puisque tu me le demandes si gentiment ? Tu as la liste ?
- Quelle liste ?
- La liste des achats à faire.
- Non, j'ai tout en tête.
- Eh bien, tu fais un copier-coller sur une feuille de papier. Nous serons ainsi sûrs de ne rien oublier. Exécution ! Et ne tire pas cette tête... Mauvais pour l'intellect. Pendant ce temps-là, je vais me raser.
De la salle de bains, j'entends ma Delphine ruminer sa mauvaise humeur et râler parce que la mémoire d'un article lui échappe. Pourquoi n'a-t-elle pas fait cette liste avant de partir ? Chez les femmes, les cheminements de la raison sont... hasardeux et non reproductibles. Etrange, je deviens plus aimable à l'égard du sexe faible. Pfft, je vieillis !
Tatati... tatati... Encore...
- Allo ?
- Papy, qui c'est ?
- Ta mère !
- Oui, elle est arrivée. Tu as oublié quatre paires de Boxers pour ton... de mari.? Où veux-tu que je trouve ces bestioles, moi ? Il va en faire l'élevage ? Il est givré ou quoi ? Quoi, ce sont des slips. Tu rigoles ? Delphine m'expliquera. Encore ! Elle s'y connaît. Si tu le dis... La taille et couleur ? 7 XL et noir. C'est tout ? C'est ça, au revoir.
Des slips kangourou, oui... mais des slips nommés boxer ! Ils ont une sale gueule, ils bavent... d'accord mais quel est le rapport avec des slips ? Je crois le percevoir mais lointain.
Et nous volilà partis. Les courses se passent bien. Nous n'avons rien oublié. Et retour dans mes pénates.
- Delphine, tu fais le tri ?
- Tiens Papy, tu as acheté des slips boxer aussi ? Ah ! C'était ça, ta longue conversation avec la préposée au rayon sous-vêtements hommes. Elle t'a convaincu ? Papa va se marrer...
- Milliardidju, Delphine ! De quoi je me mêle ? A quelle heure, ton bus ?
Pfft, depuis quand les boxers seraient-ils interdits aux vieux ? 

07:30 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

07/01/2008

Elles.


Comment seront-elles en deux mille huit. Différentes de deux mille sept ? Peu de chances. Pour changer nos compagnes, il nous faut un séïsme, un tsunami, une catastrophe, une épidémie. Et encore, comme dans toute maladie virale, l'élimination d'un grand nombre de petites bêbêtes ne signifie pas l'éradication complète de la maladie. Les survivantes mutent et vous empoisonnent l'existence encore davantage.
Oui, me direz-vous, mais il y a des exceptions. C'est possible sinon certain. Il faut les trouver. Il y a auusi des poissons volants : ce n'est pas la majorité du genre !
Pourtant, si elles le voulaient, elles pourraient être altruistes, tendres, attentionnées, silencieuses de temps à autre, compréhensives, en un mot aimables, à défaut d'être aimantes. Le désirent-elles ? Allez savoir ce qu'elles souhaitent exactement au travers de leur égocentrisme, leur coquetterie, leurs agaceries, leurs calomnies, leurs mensonges pieux, leur jalousie étudiée... Arrêtons la liste : l'exhaustivité en ce domaine n'existe pas.
"Cet homme est méchant, un mécréant de la pire espèce" vous diront-elles. C'est vrai. Suis-je complexé, pervers, mauvais ? Sans doute. Ou simplement réaliste ? Ma foi...
J'avais cette brique sur l'estomac. Fallait la dégurgiter, crever l'abcès. Je vais faire hurler dans les chaumières : ce ne sera pas la première fois ! Et je m'en fous...
Ne dis-je pas tout haut ce que de nombreux hommes pensent tout bas ? "Des connards, des pourris !" hurlent-elles. Ben, voyons...
J'ai hésité longtemps avant de publier ce témoignage. J'en suis honteux mais... si content ! Puissent-elles me pardonner...

08:29 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

01/01/2008

Mon Dieu...!


Dis Papy, c'est ça "un maquereau" ?
 
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07:17 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

La nuit...


Etrange. Je suis, paraît-il, dans une période de profonde méditation. "Je pense, donc je suis". Si cette maxime était exacte, il n'y aurait pas grand monde sur terre. Non ? Enfin, pour ce que j'en dis...
Il est trois heures du matin. Je suis dans mon lit, ne trouve pas le sommeil. Je ne dors pas et ne cogite pas : je m'emm... Et quand on s'emm... forcément, on roule dans sa tête.
Je vis avec une nouvelle compagne qui, par hasard, a atterri dans ma vie et dans mon lit. Comment ? Sais pas. J'ai dû perpétrer une bourde quelque part. Ratiocine-t-elle comme les autres ? Serait-ce l'exception ? Trop tôt pour l'affirmer. Mais, à l'évidence, elle ronfle ! En atterrissant, elle aurait pu couper les moteurs ! Quand je lui fais remarquer mon agacement de ce vombrissement intolérable, elle conteste ou ergote. Déjà ! Toujours cet ultracisme féminin : ou les femmes vous obligent à fermer les yeux, ou elles vous invitent à les ouvrir. Et pour l'instant, je ne désire qu'une chose : dormir. Yeux ouverts ou fermés, je m'en fous.
J'ai tout essayé : sifflements plus ou moins harmonieux, coups de talons répétés dans les reins, poussette douce mais ferme de la concubine vers la descente de lit, absorption de flacons entiers d'"anti-ronflements", rien n'y fait. Si, un truc marche mais quelques minutes seulement, le temps de se précipiter dans les bras de Morphée : imiter le gazouillement de l'eau se faufilant parmi les galets d'un petit torrent. Madame ressent soudain un besoin pressant, fonce à moitié endormie vers les toilettes. L'opération et les ablutions subséquantes vous donnent cinq minutes de répit, le temps de vous endormir du sommeil du juste. Parce qu'après cette pause, comme au manège, vous êtes reparti pour un tour, jusqu'au... prochain pipi !
Mes réflexions ne portent cependant pas sur ces détails désagréables de la vie à deux. La privation de sommeil m'entraîne sur des chemins difficiles et tortueux qui ne me mènent qu'à des impasses. A quoi servent tous ces concepts que j'ai appris, de gré ou de force, année après année ?
Jeune, on m'a inculqué au forceps un tas de bidules qui ne me servent à rien, à coups de zéros, zéros pointés, coups de latte, heures de colle, redoublements.
Ensuite, la vie active où l'on m'a demandé d'oublier tout ce que j'avais péniblement digéré.
Finalement, la pension... au moment où, après des années d'efforts et de sacrifices, je  possédais enfin mon métier à fond.
Ajoutons l'épouse ou assimilée, les enfants, la maison, les études, la voiture, les vacances... Bref, un tas de responsabilités, d'emmerdements et de gadgets "indispensables" en sus. De quoi dépenser l'argent péniblement gagné avec la sempiternelle crainte de dépassement du budget. Alors, soudain, tout explose ! Partir... loin, très loin.
- Est-ce cela la vie ? Il y en a marre : la mienne est à vendre !
Oups, j'ai parlé tout haut et ai réveillé ma ronfleuse.
- D'accord Jules, cela me convient parfaitement. J'achète.
- Naon. Tu es hors concours !
 
Bonne année à toutes et à tous.

07:03 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27/12/2007

La taverne.


Que fait-on lorsque l'on se trouve dans une ville inconnue ? On cherche un endroit sympathique et rassurant. Je l'ai trouvé. Genre de vieille taverne discrète et calme, fréquentée par des couples, amis, relations d'affaires et quelques personnes seules qui y viennent lire leur gazette, observer leurs contemporains, rêver à je ne sais quel avenir. Je m'y sens bien, ai trouvé mon coin où l'on me fiche la paix. Les patrons ? Des quadragénaires "Vieille France" silencieux et effacés. Seule note d'érotisme : deux serveuses de trente ans en mini-jupe noire et en blouse blanche pudiquement échancrée qui vous accueillent et vous accordent un sourire timide. Eclairage indirect, musique douce ou classique dans une atmosphère feutrée. Le rêve ! Une ou deux fois par semaine, j'y passe quelques heures de pur bonheur. A quoi faire ? Rien.
Je commence à connaître les habitués : un vieux beau, des couples en partance ou de retour du cinéma ou du théâtre, une dame élégante, toujours seule, qui s'assoit à la table à côté de la mienne. Ajoutons quelques oiseaux de passage qui apportent une touche de couleur à l'ensemble. Joyeux mélange. Dans un endroit pareil, il ne se passe jamais rien. Que voulez-vous qu'il arrive ?
Un jour, la porte s'ouvrit sur un groupe de dames de tous âges, de vingt à soixante ans. Elles avaient apparemment décidé de s'intégrer à la faune de l'établissement. Le patron les observait d'un oeil critique. N'allaient-elles pas bouleverser le ronronnement de sa vie bien réglée ? Non. Elles s'assirent bien sagement à une table et discutèrent de choses et d'autres tout en jetant des coups d'oeil interessés sur les autres consommateurs. La pêche au gros était ouverte. Je fis part de mes réflexions à ma voisine qui m'accorda une attention soutenue. Moi qui pensais qu'elle m'ignorait superbement... A peine revenu de ma surprise, elle m'invita à dîner dans un petit restaurant de sa connaissance dont elle me vanta la cuisine raffinée.
Suis-je un homme différent mais la première question que je me posai fut d'ordre financier : ai-je les moyens de soutenir un repas dans un restaurant où la douloureuse risque de mettre mon maigre budget en difficulté ? Bah, me dis-je, fataliste, si tu ne tentes pas cette chance...
Elle était jolie et avait de la répartie. Elle m'avoua son attirance progressive pour ma personne. La réciproque était déjà vérifiée. Tous les sacrifices financiers et autres m'étaient alors permis.
Houlala, Jules, c'est formidable d'être ainsi reconnu mais cela va trop vite. Freine, mais freine, mon vieux ! Facile à dire... à faire cependant...
Depuis, dans notre antique bistrot, on nous appelle le couple mythique : on la voit, on me voit mais ensemble, on nous voit rarement. Sommes-nous définitivement liés ? Est- ce de l'amour ou une profonde amitié ? Que croire ? La patronne, fine psychologue, sous les yeux de son mari résigné, consulte nos horoscopes et imagine notre avenir dans les cartes.
Tous ont raison. Entre un homme et une femme qui se plaisent, le plus dur est de sauter le pas. Et comme chacun attend de l'autre la prise d'une telle décision... les nouveaux couples continuent à se faire et se défaire au fil des circonstances et du temps qui passe. Un jour, une nuit peut-être...

09:34 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

24/12/2007

L'invitation.


Dring, dring... C'est quoi ce truc ? Ah, la porte d'entrée. Il y a un parlophone qui... ne fonctionne pas. Cela commence bien. Qui est-ce ? Delphine !
- Salut Boumpa.
- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler ainsi. Ce surnom me rappelle mon poids. Papy me suffit. Quel bon vent...?
- Du vent ? Il n'y en a pas.
- "Laat vallen". Que viens-tu faire ? Tu m'amènes de bonnes ou de mauvaises nouvelles ?
- Je viens te dire simplement bonjour. Dis, tu habites loin. J'ai mesuré sur mon compteur : douze kilomètres et il y a une côte... un vrai casse-pattes ! Heureusement, ça redescend après...
- Noie pas le poisson. Qui t'envoie ?
Je la connais ma Delphine. Un vrai petit bout de femme avec tous les défauts féminins qui pointent déjà à l'horizon.
- Attends. Ah, oui. Maman demande si tu passes les fêtes de Noël et nouvel-an avec nous à la maison.
- Noël peut-être, Saint-Sylvestre, non. Je suis pris. Il y a des braves gens qui veulent encore de moi.
- Qui ?
- Mais cela ne te regarde pas, Delphine. C'est ta mère qui désire sans doute le savoir ? je lui demande si son mari bande en se rasant, moi ?
- Papy !
- Ca va, ça va... Cela m'a échappé.
- pour te décider, elle te fait savoir que tante Victoire sera de la fête.
- C'est une plaisanterie ? La mère de ton père, cette créature asexuée, cette virago à la langue de vipère sera là ? Pas question de me trouver en présence de cette rombière. Et la nuit de Noël en plus ? Elle est givrée, ta mère !
- Elle n'est pas sûre d'accepter l'invitation...
- Que ta Maman se rassure. La vieille toupie ne raterait pas un repas à l'oeil et elle pourra, en mon absence, à l'aise casser du sucre sur mon dos, la vieille peau !
- Papy, c'est Noël !
- Oui, c'est vrai. Neuf mois après que l'ange Gabriel ait tiré son coup. Peux pas assumer ses actes lui-même, le Bon Dieu. Encore un enfoiré... Au fait, Delphine, qu'est-ce qu'il y aura à manger ?
- De la dinde.
- De la dinde ? La cerise sur le gâteau. Je déteste le goût de cette bestiole. C'est du chewing-gum sur pattes !
- Si j'ai tout compris, Papy chéri, tu ne viens pas ? Et mon cadeau ?
- Non, je ne suis pas maso. Le cadeau, je te l'apporterai le lendemain de Noël. Promis. Je tiens toujours parole. Tu le sais bien.
- Si tu le dis...
- Milliardidju, Delphine, tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi !

10:21 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |