01/05/2008

Le 1er mai.


Elle m'avait
donné rendez-vous à la gare, à huit heures du matin. Nous devions partir en week-end ce jeudi à La Roche-en-Ardenne et y faire le pont le long de l'Ourthe. Tout était réservé : je m'en étais occupé personnellement. Pourquoi la gare ? Nous y allions en voiture... Pourquoi si tôt ? Parce que l'avenir est aux gens qui se lèvent tôt, même quand ils sont en vacances, m'avait-elle rétorqué. Si elle le dit... Pourquoi pleuvait-il des cordes cette semaine et que cela n'avait pas l'air de s'arranger ? Je n'avais pas compris sa réponse mais à voir ses yeux... j'avais intérêt à la mettre en veilleuse. Sinon, notre week-end en amoureux, je pouvais me le...
Milliardidju, huit heures et demie. Saloperie de réveil ! Il n'a pas sonné. Si... je me suis rendormi. Vite... téléphoner.
- Oui, ma chérie... Oui, je suis en retard... Oui, c'est honteux... Oui, tout de suite...
C'est à ce moment, assis sur votre lit, le mobile à l'oreille et le réveil à la main, les yeux embués de sommeil, les jambes molles, les lèvres sèches, que vous mesurez l'étendue de votre connerie. Vous avez une envie folle d'embrasser votre fidèle oreiller, de dormir encore, d'oublier, de tout oublier.
- J'arrive, Françoise. Le temps de m'habiller quand même. Oui, un quart d'heure... Ne t'énerve pas... Mais oui, c'est ma faute... C'est ça, à tantôt.
Qu'est-ce que je vais prendre ? Il commence bien, ce week-end en amoureux dans les Ardennes. J'imagine le topo : elle va me faire la g... pendant les quatre jours et il va pleuvoir des seaux pendant la même période, de quoi nous empêcher de sortir nous balader. Pas de trêve possible : le lit, encore le lit. De plus, elle n'aime ni le sanglier, ni les cochonnailles. Elle se carapate en Ardennes pour s'envoyer des moules peut-être ? Je n'ai vraiment pas envie d'y aller... "Allez Jules, tu ne vas pas te dégonfler face à une petite difficulté ?" Petite ? Satan, ferme-la. Tu ne la connais pas, la Françoise ! Ah, si ? Où est-il, mon ange gardien ? S'est cassé, celui-là ! A pris ses congés contractuels. Ben, voyons...
Neuf heures et quart. J'arrive à la gare où je n'ai rien à y faire. Personne. Pas vrai, serait-elle rentrée chez elle ? Elle aurait pu me l'annoncer au téléphone. Je ne me serais pas déplacé pour des cacahuètes...
- Enfin Jules, te voilà !
- Oups, je ne t'avais pas repéré, ma chérie. Suis là malgré tout, tu vois ?
- Je constate ! Bien, j'ai réfléchi. Par un temps pareil, les Ardennes... Nous allons à la mer.
- Quoi ? Mais Françoise, j'ai versé des arrhes à l'hôtel "Les Ardennes", moi..
- Ce que tu peux être radin ! On va à la mer, un point c'est tout. Dépose ta charrette quelque part. On y part en train.
- Les parkings sont pleins. Sont tous partis "fêter" le premier mai à Bruxelles. Il n'y a pas un endroit à trouver.
- Là, une place, devant la porte de ce chantier.
- Mais...
- Pinaille pas. Ils ne vont pas travailler un vendredi deux mai tout de même.
Ainsi, nous avons couché quatre jours enfermés dans une chambre à deux lits à l'hôtel "Strandbad" à Oostende où j'ai pu relever que j'étais allergique aux morues et aux thons. Au retour, le lundi matin, j'ai été chercher ma chignole à la fourrière. Bref, vu le coût total du trip, je suis aussi, depuis, affecté par la toxicité anaphylactoïde du verbe coucher. Etrange, n'est-il pas ?

17:07 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

ahahahah et en plus j'ai du prendre une dictionnaire!! non mais!!
toxicité anaphylactoïde et quoi encore? mdrrrrr
allez, ce we il fera soleil, tu vas où?
bisous

Écrit par : Laura | 03/05/2008

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