24/04/2008

L'obsédé.

 
Elle est couchée, les membres écartés. Entre ses jambes, des milliers de petits chaperons rouges approchent au pas cadencé,  en rangée de trente-deux unités, puis seize, huit, quatre, deux et en définitive, pénètrent à la queue leu leu son intimité. Avant de disparaître, ils allument chacun une grande torche, flamme olympique pareille à celle vue au JT. Et tous ces points chauds la brûlent de contentement, intensément. Mais ils sont trop nombreux, elle ne pourra tous les contenir. C'est à ce moment que surgit en queue de cortège un énorme chaperon, rouge lui aussi, posé sur une chasuble blanche translucide recouvrant un pilier massif, couché et oscillant. Sa base se perd dans un épais maquis. La peur envahit la belle. Il n'entrera jamais ! Effectivement, après de nombreux essais, le haut passe, le bas bloque. En tout cas, le bidule ne renonce pas facilement. Elle croyait avoir mal mais plus il insiste, plus elle apprécie le mouvement. Et soudain une douce chaleur l'envahit...
Au lendemain de cette éjaculation littéraire mémorable, la honte me ronge et les remords m'envahissent. Raconter ses rêves ? D'accord mais pas tous. Comment ai-je pu commettre une telle saynète pornographique et surtout la publier, dévoilant ainsi au monde entier, qui s'en fout, mes vices, mon intempérance, ma perversité ? La grosse boulette ! Jules, tu as intérêt à te mettre au vert et à te faire oublier.
Dring... dring... Tiens, ma noble et honorable fille accompagnée de ma non moins populaire et inoubliable petite-fille qui viennent me voir. Houla, pas bon signe, ça...
- Oui, je vais bien merci. Quel bon vent...? Le petit chaperon rouge de Perrault ? Ben oui, je connais. Pourquoi ?
- Et Delphine, tu y as pensé ? Grand-Père indigne !
- Eh ! Doucement... Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Delphine a été choquée et moi aussi. On n'utilise pas un conte de Perrault pour débiter des cochonneries. Et tu les fais, en plus... A ton âge !
- Parce que pour... tu m'imposes un âge limite ? Dis donc, ma fille, cela va comme tu veux ? En sus, je n'ai jamais parlé de conte, de Perrault, des frères Grimm. Pour le reste... Pourquoi laisses-tu aussi lire à ta fille n'importe quoi ? D'ailleurs, a-t-elle seulement pigé mes élucubrations ?
- Demande-lui ?
La chipie fait "oui" de la tête et affiche une mine d'enterrement. Elle me le paiera !
- Dans ces conditions, j'ai décidé que ma fille ne mettrait plus les pieds chez son grand-père lubrique et paillard.
- Dis, Maman, tu rigoles ? C'est toi qui m'as finalement tout expliqué. Avant, je n'avais rien com... Aïe ! Ca va pas ?! Whoin... sniff.... whoin..
Une paire de gifles à Delphine qui ne l'a ni méritée, ni volée (les avis sont partagés), révélatrice d'un malaise certain. Mais plus alarmant et énivrant à la fois : j'avais déjà reçu des regards térébrants de la part de ma fille mais parricides... jamais. Et cette fois...
Moi qui rêvais de ne pas mourir dans mon lit...

00:52 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

je suis écroulée :o)))) quel talent !!!
bonne fête du 1er mai et ne lis plus de conte avant de t'endormir hein !! ben oui hein, comme les ch'tis, c'est tendance.
bisous

Écrit par : Laura | 30/04/2008

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