27/03/2008

Le corps et l'esprit.


Ce qui va suivre, je ne l'ai pas échafaudé : je l'aurais bien voulu. Non, j'ai regardé, me suis introduit dans l'esprit, ai accompagné la main et déposé un baiser sur la toile du Vénérable Maître à hauteur d'un visage féminin et y ai laissé quelques traces, sans doute. Le Génial Artiste s'en offusquera-t-Il ? Je ne sais. J'ai pris le risque.
Mais qu'est-ce donc qui me laisse dans cet état second, ivre d'un parfum inconnu du commun,  amoureux d'un visage, d'un port de tête d'une femme que je ne connais pas mais qui me rappelle...
"Tout être qui connaît un enfer durable ou passager peut, pour l'affronter, recourir à la technique mentale la plus gratifiante qui soit : se raconter une histoire." [Amélie Nothomb - Acide sulfurique]
Conseil gratuit d'une écrivaine. Le lecteur l'interprêtera comme il l'entend ou le sautera sans le voir. Je m'y suis arrêté... il en valait la peine.
L'imagination est un don divin, sans limites, tabous, explications à prévoir, justifications à présenter. Qui n'a pas rêvé qu'il b... madame Bellucci en personne pendant que son épouse, atteinte d'une subite migraine, ronflait à ses côtés. Si on demandait au quidam quelle folle idée l'a poussé à de telles extrémités, il ne saurait que répondre. Le lourd repas du soir, peut-être ? Il a bon dos, le système digestif !
Appliquant la technique, je suis entré dans ma bulle. Le monde réel s'estompa et le visage aimé se présenta à mes yeux, d'abord dans le flou d'un brouillard artificiel puis de plus en plus précisément. Pas besoin de paroles, de signes... Ce visage, je le mangeais des yeux et aurais voulu qu'il ne fasse plus qu'un avec ma g... d'abruti : nous ne formions plus qu'une seule tête, unique, inimitable, parfaite ! Dans mon rêve éveillé, elle aussi m'aimait. Je ne vous raconte pas la suite : elle n'a aucun intérêt et puis, Mesdames... sans vouloir vous offenser, vous connaissez mieux que moi la géographie des Pays-Bas.
Etait-ce une dame imaginaire ? Bien sûr que non : elle existe.
Je l'aime ? Bien sûr que oui : j'en crève.
M'aime-t-elle ? Bien sûr que non : elle me le dirait, quoi que...
Je lui ai raconté cette fiction ainsi qu'à d'autres proches amies, oeuvre de mon génie ravagé, de ma folie.
J'aurais pas dû !
Elles se sont toutes crues à tort ou à raison l'élue de mon coeur. C'était déjà mal barré...
Quant à ma promise à terme indéterminé, elle s'est moquée de moi (pôvre con !), et devant mes certitudes, m'a cherché querelle ( Jules, tu m'emmerdes !).
Bref, à entendre mes amis et relations restés dans l'ignorance et qu'elle ne s'est pas privée d'alerter en "femme responsable" (j'en suis certaine, il se shoote !), un stage dans une institution spécialisée me ferait le plus grand bien.
En vérité, si vous voyez quelqu'un perdu dans ses pensées, ne le dérangez pas, ne lui demandez rien, n'écoutez pas les conclusions de ses cogitations. Il jouit d'un des rares moments privilégiés où il se persuade que tout est beau, tous sont gentils ...
On peut toujours... planer !

20:07 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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