11/03/2008

Babette.


J'ai vieilli et me suis tassé. J'ai aussi grossi petit à petit et pris du ventre insensiblement. Babette, ma dulcinée, s'est aussi contractée mais au contraire, amincie et ridée. C'est ce qu'une inconnue, rencontrée par hasard, m'a confié. Quoi qu'attachés l'un à l'autre, nous nous sommes graduellement perdus de vue et nos raisons d'existence auparavant si complice se sont disjointes : "loin des yeux..." Babette ne m'aimait plus ! Et pourtant...
Avant, elle était fière de se montrer à mes côtés. Toujours superbe, athlétique mais distinguée, bavarde et sarcastique, elle me mettait en valeur face à ses congénères ébaubies et ne craignait pas de cracher aux nanas conquises certaines vérités qui faisaient non seulement mouche mais des petits. Bref, elle "bâtardait" allègrement. Tout, enfin presque, lui convenait et la rendait frétillante de plaisir : une attention particulière, une caresse, un effleurement... Devant le miroir, elle se pâmait et sous les quelques câlins, les quelques caresses dans le sens du poil, que nous lui prodiguions, moi ou une autre, amoureusement, elle se cambrait et roucoulait dans notre main moite. Nous  fatiguions mais elle appréciait...
Nous avons été de toutes les guerres : je pointais, elle tirait. Et notre coup fait, nous vidions les lieux, par crainte de représailles des familles. Notre manège connu, la nouvelle circula de bouche en bouche, de lit en lit : nous étions une "affaire". Les pucelles nous trouvaient mignons. Nous étions un couple plein d'entrain. On nous espérait du haut des balcons mais cette fièvreuse attente n'était pas partagée par les "mamas" prêtes à couper sèchement l'objet des relations que leurs diablesses de filles entretenaient avec nous. Nous changions de quartier, notre réputation de francs tireurs nous précédait.
Mais le temps passe et pareillement les illusions. Quelques kilos de trop ont suffi à nous séparer, Babette et moi. Je l'appelle, la cherche... Elle se cache. Je lui offre une douce main féminine et elle l'ignore. Nous n'avons plus ces saines conversations avec de jolies moukères farouches mais malléables qui la faisaient frisonner, se gonfler d'importance, baver de plaisir, gerber de rire. La gent féminine et ses gourmands appas à présent l'indiffèrent... Si je propose à Babette une douche à trois, elle ne se dresse plus de joie. Autrefois, elle adorait. La seule chose qui la tourmente : la carrure de la dame. A deux nous y entrons déjà tout juste, c'est vrai. A trois (et plus)... collée au sexe ou au c... de cette dernière, elle ne sentira que quelques gouttes que les seins volumineux de l'invitée et mon ventre proéminent auront laissées écouler.
Oyez, Messieurs. Suivez cet austère conseil : surveillez votre bedaine. Ou le théâtre du sexe vous sera définitivement fermé. Vous devrez vous résoudre votre Babette et vous, enlacés dans la solitude d'un sofa aux ressorts épuisés, à regarder des films de Q, un kleenex à la main.

09:47 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

babette à bon dos
ne serait il pas plus juste de dire que son complice panique
peur de l'échec de décevoir la gazelle
avec bcp d'amour je suis sur que babette refera surface et montrera sa petite tete
courage je suis sur qu'une demoiselle attentive t'attend(au tournant)

Écrit par : sylvie | 13/03/2008

Bonjour, Tu sais qu' il y a d'autres films à visualiser, sur le yoga par exemple....
Bedaine = coussin d'amour!
Je te souhaite de passer un très bon week-end en compagnie de Babette.
Bisous.......
Badette

Écrit par : Badette | 15/03/2008

Je suis passé te souhaiter un bon dimanche,même si c'est plutôt maussade... Vite le printemps!

Écrit par : Libra | 16/03/2008

Les commentaires sont fermés.