25/01/2008

Mamelles du pouvoir


L'homme n'est pas un manipulateur. Ou rarement. Par contre, il est joueur. Mais en situation extrême, le quidam le plus doux ou le plus con (c'est la même chose) peut se révéler impitoyable et dangereux pour la vie des autres et la sienne propre. Tuer physiquement ou moralement est odieusement facile et pour un grand nombre d'individus pleutres ou ignares, il constitue un acte digne de respect. La réputation acquise aidant, le fétichisme des masses appelle le pouvoir et l'argent.
Le revers de la  médaille : on vous envie déjà et vous créez de l'ombre aux pontes en place qui comme vous, ont acquis considération et puissance par la génération précédente. Bref, vous vous faites de solides ennemis à l'affût du moindre faux pas.
Et c'est alors qu'intervient La Femme ! Non, trois femmes ! Qui vous permettront de vaincre vos ennemis et vous méfier de vos amis.
La première vous aime. Elle vous soutient dans vos pérégrinations hasardeuses. Que ne ferait-elle pour vous ? Vous êtes son dieu. Mais elle manque d'envergure. Ce n'est pas une femme de pouvoir. Elle n'est pas intéressée. Seul votre bonheur compte... Le reste, elle n'y comprend rien. Vous êtes son maître incontesté.
La deuxième est une femme orgueilleuse et ambitieuse. Elle largue la première qui ne fait pas le poids. Elle vous apporte en sus ce qu'il vous manque : le patrimoine d'appoint qu'elle espère récupérer au centuple. Elle vous lance dans la vie et dans le monde. Les bons comptes faisant les bons amants, elle surveille ses intérêts. Vous ne faites plus rien sans son assentiment. Elle vous a solidement enchaîné...
Mais cela ne dure qu'un temps. Quand le vent tourne, vous la voyez se faire rare à vos côtés et fréquenter vos pires challengers, ceux qui attendent patiemment le plongeon final. Ce qui vous arrive fatalement : les jeunes loups se sont fait les dents. Ils désirent cette fois un combat digne d'eux. Et que le "meilleur" gagne ! Avachi, malade, dépassé, vous cédez la place et perdez la femme qui vous a permis votre fulgurante ascension. Ne vous en faites pas pour elle : elle remet cela ! L'habitude et l'appât du gain la rendent invincible malgré ses appas fatigués.
La troisième et dernière ne vous demande rien si ce n'est quelqu'attention. Elle est là, elle attend ne sait plus quoi et la solitude la ronge. Et vous, vous vous trouvez au même endroit au même moment, perdu, esseulé, dégoûté, vieilli. La proie est facile.
Laissez-la faire ! Elle s'occupera de vous donner ce bonheur simple que vous avez une première fois sousestimé et ignominieusement sali.

23:00 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Bouffffffff serait-ce ta biographie ???
Je te souhaite un agréable week-end et bisous.....
Badette

Écrit par : Badette | 26/01/2008

j'adore le titre tout à fait juste. Bon week-end.

Écrit par : rita | 26/01/2008

'vaut encore mieux … …le cride la femme blanche!

;-)

Écrit par : Amadeus | 29/01/2008

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