01/01/2008

La nuit...


Etrange. Je suis, paraît-il, dans une période de profonde méditation. "Je pense, donc je suis". Si cette maxime était exacte, il n'y aurait pas grand monde sur terre. Non ? Enfin, pour ce que j'en dis...
Il est trois heures du matin. Je suis dans mon lit, ne trouve pas le sommeil. Je ne dors pas et ne cogite pas : je m'emm... Et quand on s'emm... forcément, on roule dans sa tête.
Je vis avec une nouvelle compagne qui, par hasard, a atterri dans ma vie et dans mon lit. Comment ? Sais pas. J'ai dû perpétrer une bourde quelque part. Ratiocine-t-elle comme les autres ? Serait-ce l'exception ? Trop tôt pour l'affirmer. Mais, à l'évidence, elle ronfle ! En atterrissant, elle aurait pu couper les moteurs ! Quand je lui fais remarquer mon agacement de ce vombrissement intolérable, elle conteste ou ergote. Déjà ! Toujours cet ultracisme féminin : ou les femmes vous obligent à fermer les yeux, ou elles vous invitent à les ouvrir. Et pour l'instant, je ne désire qu'une chose : dormir. Yeux ouverts ou fermés, je m'en fous.
J'ai tout essayé : sifflements plus ou moins harmonieux, coups de talons répétés dans les reins, poussette douce mais ferme de la concubine vers la descente de lit, absorption de flacons entiers d'"anti-ronflements", rien n'y fait. Si, un truc marche mais quelques minutes seulement, le temps de se précipiter dans les bras de Morphée : imiter le gazouillement de l'eau se faufilant parmi les galets d'un petit torrent. Madame ressent soudain un besoin pressant, fonce à moitié endormie vers les toilettes. L'opération et les ablutions subséquantes vous donnent cinq minutes de répit, le temps de vous endormir du sommeil du juste. Parce qu'après cette pause, comme au manège, vous êtes reparti pour un tour, jusqu'au... prochain pipi !
Mes réflexions ne portent cependant pas sur ces détails désagréables de la vie à deux. La privation de sommeil m'entraîne sur des chemins difficiles et tortueux qui ne me mènent qu'à des impasses. A quoi servent tous ces concepts que j'ai appris, de gré ou de force, année après année ?
Jeune, on m'a inculqué au forceps un tas de bidules qui ne me servent à rien, à coups de zéros, zéros pointés, coups de latte, heures de colle, redoublements.
Ensuite, la vie active où l'on m'a demandé d'oublier tout ce que j'avais péniblement digéré.
Finalement, la pension... au moment où, après des années d'efforts et de sacrifices, je  possédais enfin mon métier à fond.
Ajoutons l'épouse ou assimilée, les enfants, la maison, les études, la voiture, les vacances... Bref, un tas de responsabilités, d'emmerdements et de gadgets "indispensables" en sus. De quoi dépenser l'argent péniblement gagné avec la sempiternelle crainte de dépassement du budget. Alors, soudain, tout explose ! Partir... loin, très loin.
- Est-ce cela la vie ? Il y en a marre : la mienne est à vendre !
Oups, j'ai parlé tout haut et ai réveillé ma ronfleuse.
- D'accord Jules, cela me convient parfaitement. J'achète.
- Naon. Tu es hors concours !
 
Bonne année à toutes et à tous.

07:03 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

et Lucienne? elle ronflait pas elle, tu vois que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs!!!
allez, bonne année quand même
bisous
Laura

Écrit par : Laura | 01/01/2008

j'ai feuilleté et me suis amusée:-)! les joies de la vie de couple! perso j'ai opté pour le chacun chez soi: le bonheur!
je te souhaite une belle année 2008, sans ronflements, çà s'opère pour peu que la personne soit d'accord mais elle, ses ronflements ne la gènent pas n'est ce pas.
je te souhaite également un bon we!

Écrit par : mimi | 05/01/2008

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