21/11/2007

Le décapsuleur.


Tout le monde connaît les affres d'un déménagement. Inutile d'insister.
Ce que l'on sait moins ce sont les manques et les énervements. Lors d'un déménagement rapide, ce genre de désagréments se manifeste peu. Mais lorsqu'il s'étale sur deux mois...
Vous avez consciencieusement marqué sur le carton son contenu, puis pour remplir les quelques espaces restés inoccupés, vous y ajoutez, un tire-bouchon, un couteau de cuisine, une statuette, des mouchoirs, bref n'importe quoi pourvu que ces derniers objets calent l'essentiel. Et vous notez sur la caisse en fin de liste : divers. Les cartons s'accumulent. Vous voyez enfin la fin de votre calvaire. Encore un effort et vous serez fin prêt pour le jour J.
Mais c'était sans compter sur le hasard. Un ami et sa compagne viennent vous aider. Ils vous consacrent leur dimanche bénévolement. A charge de revanche. Cette présence vous enchante. Un fameux coup de main pour vous avancer en vue du jour fatidique et vous permettre de prévoir l'imprévisible.
L'imprévisible ! Ils s'attendent à un repas frugal, jus de fruits, bières... Vous vous êtes pointé à l'épicerie du coin, "Chez Omar" ouvert le dimanche. Sandwiches, boissons... vous êtes paré. Après deux heures de déplacement d'air et de poussière, vous proposez un break. Une ou deux bières pour les hommes, un jus d'orange pour Madame.
- Cathy, un verre ? Bruno ?
- Moi je veux bien un verre, répond Cathy.
- Laisse tomber Jules. On boira à la bouteille, propose Bruno. Tu as un décapsuleur ?
Vous avez effectivement un décapsuleur. Quelle question ! Mais où ? Et vous constatez, penaud, que vous l'avez déjà emballé, parmi les divers ! Autant cherchez une aiguille... Votre esprit travaille à toute vitesse : vite, une solution de remplacement. Vite dit...
- C-à-d que...
- Tu l'as déjà rangé dans un carton ? Le coup classique. Que fait-on ? J'ai soif... Tu n'as pas un voisin qui pourrait nous dépanner ?
- Sans doute.
Alphonse est à la mer, Gaston et les autres assistent à un match de foot en Flandre, dans un patelin dont j'ai oublié le nom. Reste... Madame Mouchaboeuf, la sanction suprême.
- Bonjour Madame, vous n'auriez pas un décapsuleur à me prêter ? S'il vous plaît.
- Tiens, mon voisin ! Vous allez encore vous saouler et mes poules par la même occasion, comme la dernière fois ? Je ne soutiens pas vos orgies, vous l'admettrez. Z'êtes la honte du village.
- Mais Madame, c'est de la bière sans alcool ! Vos poules ne risquent rien.
- Mouais. Heureuse de l'apprendre. Et elle s'appelle comment cette miraculeuse bière anti-cuite ? Si je vous entends chanter, j'appelle police-secours. Nous sommes bien d'accord ?
Milliardidju, se déculotter pour un décapsuleur !
- Jupiler "light". Cela vient de sortir. Elle est excellente, dit-on. Seulement, pour la goûter... Non, Madame, pas de bruit, pas de souci.
- Voilà. De toute façon, dans un mois, vous serez hors de ma vue. Pour moi, c'est le principal. Pas étonnant que votre épouse se soit réfugiée chez sa soeur...
Un service rendu compensé par une ou deux vacheries. Elle n'est pas en forme ces temps-ci, la Mouchaboeuf !

08:21 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Ben moi j'aimerais beaucoup lire l'histoire des poules saoules de madame Mouchaboeuf !
Elle est dans tes archives ?

Écrit par : Cat | 21/11/2007

Bin tu sais il y a toujours le décapsuleur de secours : le coin de table et un coup sec et vive la désaltération!!!!!!
Je te souhaite une bonne fin de soirée et bisous.......

Écrit par : Badette | 22/11/2007

Et le sempiternel briquet,tu n'y a pas pensé? Peut etre que ni toi ni tes amis ne fument ? Qu'a cela ne tienne,il y a 20 ans que je ne fume plus mais il y a un briquet dans la voiture...

Écrit par : Libra | 27/11/2007

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