17/11/2007

Le départ.


Sylvie est partie. Sans laisser d'adresse. Elle s'était introduite chez moi, invoquant son amitié avec Antoine, un copain, qui ne pouvait la loger. Une femme et quatre lardons... Compréhensible. Samedi, j'étais sorti faire mes courses hebdomadaires. Elle dormait encore. A mon retour, plus personne. Si, un soutien et deux petites culottes et un petit mot : merci pour tout, Sylvie.  La paix, enfin. Je ne sais si vous réagissez comme moi mais je me pose des questions : peut-être ai-je été trop brutal, trop impatient, une brave fille, gentille, ouverte... Tout se bouscule dans ma tête. Une consolation : elle m'a quitté de sa propre initiative. Je ne l'ai pas virée. D'accord, un peu aidée à vider les lieux mais sans la brusquer. Et voilà que, pétri de remords, je regrette déjà ce départ précipité. Je ne sais pas ce que je veux. Nelson paraît content. Les coups de pied au c ... il en avait marre. Sur le divan retrouvé, il s'étire de satisfaction.
Et zut... j'ai oublié de prendre mes médicaments chez le pharmacien. Un vieux célibataire, septante ans bien sonnés mais sec comme une trique. En paraît à peine soixante. On se tutoye, depuis le temps...
- Bonjour Jules. Attends, je t'ai tout préparé. Voici. Et ta nouvelle conquête...?
- Salut Louis. Comment es-tu au courant ?
- Madame Mouchaboeuf... Elle m'en a parlé hier, je crois.
- La vieille peau ! De quoi je me mêle ? Tout le village est informé, si j'ai bien compris !
- Ce n'est pas dramatique. Désolé Jules, mais ta Sylvie, je l'ai connue avant toi, il y a deux ans à peu près. Elle a créché chez moi environ trois mois. Gentille fille et... entreprenante.
- De toute façon, elle est partie.
- En te laissant un soutien et deux petites culottes. Ne t'énerve pas, c'est son rituel de remerciement. C'est la Providence...
- Louis, tu deviens un fameux crapaud de bénitier en vieillissant. Tu t'es consolé avec le curé, à l'époque ? On dit qu'il a une bonne cave... Je sais, tes convictions. N'empêche que notre Sylvie t'a fait commettre quelques péchés mortels au passage. Non ? Depuis, tu t'es confessé et tu es "clean". Pratique... Bon, j'arrête.
- Tu la regrettes, hein... Jules ?
- Oui et non. Je ne sais plus.
- Rassure-toi. Je me suis interrogé aussi, après son départ. Mais c'est un papillon. Elle butine chez l'un, puis chez l'autre. prend son envol pour à nouveau se poser quelque temps chez un troisième. Nous sommes trop vieux pour supporter sa jeunesse. Ele le sait et protège sa liberté. Pourquoi nous ? Parmi les hommes, nous sommes les moins dangereux. Nous avons vécu.
- Tu as raison. Au revoir, Louis. A la prochaine.
Je suis rentré chez moi en traînant les pieds. J'ai retrouvé cette solitude, ma solitude qui tue à petit feu et en suis arrivé à cette conclusion : "pour partager nos joies comme nos emmerdements, seule la présence d'une femme avenante nous est indispensable." Quand j'y réfléchis, on ne demande pourtant pas la lune !

10:41 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Parfois aussi la femme cherche un ami, un confident, pour avoir un conseil , ou un réconfort moral, mais pas nécessairement pour oublier les petites culottes, j'espère quand même que Sylvie ne s'est pas refroidie.........
Bon Week-end et bisous......

Écrit par : Badette | 17/11/2007

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