16/11/2007

Révolte des mâles.


- Dis, Patron. Ce n'est pas parce que tu as rencontré quelqu'un qu'il ne faut plus me donner à boire et à manger. Les souris se font rares en hiver et ta pâtée laisse à désirer. Tu le sais, ça ?
- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi, Nelson.
- Je n'en peux rien si tu cherches les emmerdements...
- Nelson, fous-moi la paix.
Il a reçu quelques coups de pied au cul de Sylvie parce qu'il trônait sur le lit et lui mordillait les orteils. Cette idée aussi de dormir les jambes à l'air. Il aurait pu lui griffer les fesses et je n'aurais pas donné cher de sa peau, au matou.
- Salut, c'est moi...
- Quand on parle de... Moi, je vais me planquer. Je ne puis pas l'enchatter, ta donzelle. N'oublie pas ma gamelle. Et améliore un peu l'ordinaire... entre deux mamours !
- Milliardidju, si je t'attrappe...
- Ah, Jules, tu es là. A qui parlais-tu ?
- Au chat.
- Cette sale bête !
- Respecte mon chat, à défaut du reste. Et puis ici, c'est moi qui commande. Faudrait pas l'oublier. Je t'héberge parce que tu m'as prétendu être en difficulté mais il ne faut pas pousser le pépé. OK ?
- Mais oui, mon Jules, je ferai tout ce que tu voudras. Je vais te faire un bon repas, tu t'en lècheras les babines. Et après, un bon dodo.
- Tout seul ? Dans mon lit ?
- Si tu le désires. Je dormirai dans le canapé, avec ton bête chat. Là, tu vois, je fais un effort... Je vais à la cuisine...
C'est qu'elle me sortirait des larmes de remords, cette nana. Misère, dans quoi me suis-je embarqué ? Etrange, la vie. Tu rends service et la sanction est immédiate : tu nages dans les emmerdements.
Et après ça, cerise sur le gâteau, elles nous traitent de salauds et se tirent en claquant la porte, tout en nous extorquant vingt euros pour le taxi.
- Dis, Patron, ai-je bien entendu ? Mon divan ? Avec elle ? Tu veux ma mort ?
- Jules, le dîner est prêt. Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu parles tout seul maintenant ? Tu as une voix bizarre. Tu es malade ?
- Je suis un peu sorcier. Tu n'avais pas remarqué ? Alors, il m'arrive de parler et d'agir à la place d'une personne décédée de mort violente, d'accident, d'un bandit guillottiné, assassiné, disparu...
- Jules, tu me fais peur...
Enfin, une bonne nouvelle ! Tu vois, mon vieux Nelson,  je pense à toi, à ton canapé et... à moi, par la même occasion.
- Oui, je provoque l'angoisse chez les personnes sensibles et beaucoup pensent que j'ai vendu mon âme au diable. Tout à coup, le phénomène démarre et je ne suis plus moi mais un autre, un monstre. Tu comprends ? Je me déplace en plein paranormal et commets parfois des actes irréparables. Je me réveille et ne me souviens de rien.
- Dis, Jules... Non, tu rigoles. Tu veux m'asticoter ? M'affoler ?
Je pressens le dénouement de cette aventure proche. Ah, ces femmes dites libérées...!

01:27 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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