23/10/2007

Point de vue.


Dans les années quarante, le monde de mon enfance était sinistre avec deux hommes au pouvoir dans deux pays, l'un surpeuplé et l'autre immense. Et je ne vous parle que de l'Europe. Mais il me paraissait léger parce que j'étais jeune et inconscient.. Nous gardions encore le culte de la fidélité, de l'obéissance, de la pérennité de notre pays. Pour nous, rien n'avait vraiment changé. La seconde guerre et le communisme étaient des accidents de l'histoire. Nous avions vaincu Hitler et le fascisme. Nous agirions de même vis-à-vis de Staline. Et puis l'URSS, c'était loin... Nous ne voyions pas ce qui avait été et qui n'était plus. Et puis, il nous fallait tout reconstruire, tout ce que la folie de l'homme avait détruit, par nécessité ou par vengeance. Nous étions toujours attachés à la monarchie, à la religion qui nous faisait entrevoir une vie éternelle. Où, quand, comment n'étaient pas la question. Dieu et le Roi restaient avec nous !
Il y avait du travail pour tout le monde. Les employeurs se disputaient nos services et nous débauchaient à l'occasion. Un monde idéal et pourtant nous déchantions. Et la liberté dans tout ce fatras, où était-elle ? Où était l'Internationale et la Charité chrétienne ? On travaillait, on gagnait de l'argent... mais nous n'étions pas heureux. Trop de carcans, de règles, d'interdictions... La seule différence : nous avions la liberté de donner notre avis, de critiquer, de railler tout et n'importe quoi, sans restrictions. Il y avait parfois des accidents, comme on dit. Maintenant... on ne vous assassine plus pour vos opinions, on ne vous met pas en prison, on vous lynche intellectuellement et moralement. C'est plus propre !
Et les revenchards de répéter : "si nous avons gagné la guerre, c'est que notre système était le meilleur". Non, Messieurs les oublieux, c'est parce que les Américains étaient là, à se battre et à mourir pour et contre des gens et des territoires qu'ils ne connaissaient pas et dont, individuellement, ils n'avaient rien à faire.
J'avais un vieux professeur d'histoire qui nous radotait à longueur d'année : "Messieurs, L'Histoire, la vraie, vous ne la trouverez pas dans vos livres. C'est celle qu'on ne raconte pas !"
Aucun jeune ne voudrait vivre comme vivait son grand-père à l'époque. Et si on posait la question au grand-père sur ce qu'il pense de la vie d'aujourd'hui ?

10:49 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Holala mais si que j'ai apprécié ton post précédent, mais je suis réaliste. Ce post ci est très bien aussi, pourquoi tu doutes ? Tout ce que tu écris et décris est parfait, entre toi et Pat, j'ai de sérieux complexes.
J'espère que tes cartons s'empillent avec équilibre, n'oublie surtout pas la cafetière en Limoges, fêlée, même s'il ne reste que le couvercle, on ne sait jamais ça peut toujours servir mdr!!
Je te souhaite une bonne après-midi ensoleillée mais fraîche. Je t'envoie un énorme bisou....

Écrit par : Badette | 23/10/2007

qu'est ce que j'avais comme lecture en retard moi! comme quoi on ne devrait jamais prendre de vacances, les choses s'accumulent, là heureusement ce sont les bonnes alors çà me va. J'adore ce blog!

Écrit par : mimi | 10/11/2007

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