20/10/2007

Tout s'arrange.


Il pleurait dans mon coeur. Une amie m'a confié : "tout s'arrange dans la vie, même mal !" et elle ajouta : "arrête de te plaindre. Sois fort. C'est toi, le patron". Pfft ! Facile à dire quand on est une femme.
J'emballe... j'emballe et me remémore des temps heureux. J'en suis au vingtième carton et, au fur et à mesure que j'avance, les caisses me paraissent de plus en plus lourdes, lourdes de souvenirs, de joies à jamais perdues, de peines et de malheurs aussi. Je n'attends plus d'aide de personne... Aide-toi, le ciel t'aidera : si je retrouve les petits comiques qui ont prétexté cet adage...! "Sois un homme" qu'ils m'ont enfin tous dit. En clair, encore un nouveau virage à négocier et espérer ne pas s'abîmer sur un platane. Z'ont mauvaise réputation, les platanes. Moi également. Nous sommes donc fait pour nous entendre ! De toute façon, je n'ai pas d'autre alternative.
Les autres ? Lucienne ? Chez sa soeur. Les filles ? En vacances ou trop occupées. Alors moi, je vire tous les objets accumulés depuis quarante ans en écoutant... le Requiem de Mozart. J'avais d'abord mis la Neuvième de Beethoven mais la voisine a gueulé. Elle ne supporte pas l'opéra. L'opéra... ! Alors, pour l'emm... elle se tape le Requiem à longueur de journée. Béotienne, va !
Et puis, "t'es retraité" m'ont répliqué mes filles. Tu as le temps et que cela à faire". Ben, voyons ! Je préférerais tout de même bouquiner ou me promener.
Bref, je remplis les cartons sans réfléchir. A chacun, je raconte un morceau de vie. Etre seul a parfois du bon : je puis me parler, causer aux objets, à Nelson qui m'observe d'un oeil inquiet, sans passer pour un malade, jurer comme un charretier quand l'envie m'en prend... "C'est pas beau, la vie ?" me susurrerait certainement à l'oreille Delphine, ma petite-fille adorée.
Milliardidju, les piles ! J'ai distraitement fourré une vingtaine de piles dans une des caisses. Laquelle ? Au fond de la caisse ou au dessus ? Je saute sur place en hurlant : "c'est pas vrai ! Faut être con comme un balai..." Des piles pendant des années dans un garde-meubles, bonjour les dégâts !
Croyez-moi ou ne me croyez pas. Avec mon pot habituel, j'ai retrouvé les piles... au dix-huitième carton, dans le fond évidemment.
Faites-vous toujours confiance à la providence ? Moi, ça m'a passé. La preuve...

00:09 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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