26/07/2008

Adieu

La plume est tarie, Rhadamanthe n'écrira plus.

Il s'est éteint ce jeudi 24 juillet.

Merci à vous, qui avez participé ou simplement lu et apprécié.

Son fils, Xavier.

 

12:07 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (48) |  Facebook |

30/05/2008

Passé, Présent, Futur


J'ai trouvé ce texte chez "un-peu-damour-et-damitié". L'auteur en est anonyme : dommage.

  Le Passé, le dos courbé fouillant ses souvenirs
Et le Futur les yeux tournés vers l'Avenir
Conversaient il n'y a pas si longtemps.
Je ne vous comprends pas, disait le Passé.
Vous perdez votre temps!
Où pensez vous allez avec vos rêveries?
Vous n'êtes pas même pas sîr d'être encore là demain.
Peut être répondit le Futur, mais puis-je vous dire
Que pour ma part, je trouve votre attitude quelque peu farfelue.
Vous vous nourissez de choses disparues
Qui ne reviendront plus et de plus impossibles à changer.
Avouez qu'il faut être un peu bizarre pour se complaire
Ainsi dans un monde désuet
Et qui, dans bien des cas, est rempli de regrets.
Plein de respect envers ses pairs,
Le Présent avait écouté toute la conversation.
Messieurs, dit-il alors, puis-je me permettre d'émettre une opinion?
Allez-y dirent le Passé et le Futur pour une fois d'accord.
Vous avez la parole. Nous vous écoutons.
Le Présent, calmement énonça ce qui suit:
Mon cher Passé, avec vos souvenirs,
Il est clair que vous êtes précieux, pour autant bien sûr,
Qu'ils soient agréables, plaisants et heureux.
Quand à vous cher Futur rêveur, plein de projets fameux,
Il y a une question de mesure:
Les projets, il en faut, c'est bien évident
Car ils sont des moteurs d'action, mais ils ne doivent pas cependant

Entraver le parcours du présent
Qui lui, a comme mission de vivre intensément
Chaque minute, chaque heure ou chaque moment.
Souvenirs ou projets, ne peuvent en aucun cas museler le Présent
Ou limiter sa vie, mais bien tout au contraire le rendre plus attrayant
Accompagné par quelques beaux souvenirs, alors le Présent
se vivra pleinement.

18:56 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

26/05/2008

Modeste avis.


Aujourd'hui, gagner du temps est la principale préoccupation de notre vie.

03:29 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/05/2008

'Tite vacherie.



Quand on a vingt ans de plus qu'une femme,
c'est elle qui vous épouse et
a les yeux plus grands que le membre.
  D'après Sacha Guitry

16:51 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le divan.


Nous étions disséminés dans la salle d'exposition. Je trônais dans un coin et attendais le chaland. Pas grand monde aujourd'hui. Un jeune couple s'arrête, s'assied, essaie mes coussins, dossiers, positions. me caresse le cuir et s'embrasse en salivant sur ma belle pelisse beige. L'homme essuie prestement avec son mouchoir les gouttes d'écume qui déparent mon siège. Pourraient faire attention.
Tiens, le vendeur qui rapplique et aborde les jeunes gens. Ils discutent et remplissent un tas de papiers. Des déménageurs... Hé, où va-t-on ? Je suis retourné, démonté, emballé, chahuté, déballé, remonté et me retrouve dans un petit salon, entouré d'horribles meubles. Deux paires d'yeux admiratifs m'observent. Il n'y a vraiment pas de quoi.
Les jeunes gens m'ont gardé chez eux trois ans. J'en suis sorti éreinté et quelque peu abîmé. C'est qu'ils sont infatigables à cer âge-là. Et me voilà exposé dans une salle de ventes parmi pléthore d'objets hétéroclites. On passe sans me voir. Ah, un quidam intéressé ? Mon tour. Je suis vendu pour trois fois rien : c'est quelque chose. Triste la vie d'un divan... C'est l'individu qui m'a examiné qui m'emporte chez un tapissier. L'artisan me dépiaute et me remet à neuf. De là, dans un fourgon. Mazette, la villa... Je suis chez un urologue réputé et, par voie de conséquence, très cher, ou l'inverse. Que veut-il faire de moi ? Peut se payer un sofa en peau de léopard s'il le désire, ce charlatan... Bien voyons : la salle d'attente. Fallait pas rêver...
Je passe dix ans dans cette salle obscure, supportant périodiquement le cul de l'archevêque, du président de la Cour d'Appel, de ministres, sénateurs, députés et de dames patronnesses dont la seule qualité est la hauteur de fortune ou d'influence. De temps en temps, une dame Claude égarée. Un urologue est un homme comme les autres, non ? Mais l'épouse du praticien ne m'aime pas. Elle ne supporte pas mon teint : "du beige chez moi ! Je ne suis pas raciste mais..." Mon entretien en souffre atrocement.
Finalement, on m'abandonne sur une décharge sauvage. Une bande de SDF me recueille et je me ramasse sous un pont, bien à l'abri. Ma vraie vie commence... Pas de tout repos mais combien passionnante. Enfin adopté sans retenue, par la lie de la société sans doute, comme disent les honnêtes gens, mais au service du patriarche, médecin radié qui, le litron entre les jambes et la pipe au bec, domine et soigne tout son petit monde. Il m'astique, répare les déchirures, camoufle les taches indélébiles, me parfume... Je suis un coq en pâte. Seul inconvénient : dans ma structure, j'entretiens des centaines de colonies de petites bêbêtes. Tout le monde a le droit de vivre... Bref, je vieillis comblé et respecté.
Tout a une fin. Une descente de police chasse mes fidèles amis : on peut être SDF mais pas n'importe où ! Avant de quitter les lieux, ils me balancent dans le canal. Croyez moi ou non mais, même noyé, je sers encore. Demandez aux rares poissons survivants.

11:28 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11/05/2008

Je l'aime.


Je l'aime

Comme une eau vive sa main agile glisse sur ma cuisse
Comme une source active sa bouche ouverte à la mienne se visse
Comme une forte marée sa langue acérée force mes lèvres
Comme le ressac d'une tempête nos langues claquent et s'enfièvrent

La mémoire du temps se perd, l'esprit s'envole et vagabonde
Nous restons liés, soudés, nos bouches s'enflamment rapidement
Nous respirons de concert, ressentons des émotions pudibondes
Voyons cela me dira-t-on jalousement en matant  mon grimpant

Nos nom et prénom avons provisoirement oubliés pour un temps
Nous nous appelons amour, tendresse, passion, sommes amants
combien de temps tiendrons-nous le défi de nous sentir seuls et heureux
Nul ne sait et qu'importe les envieux, l'instant nous est tellement capiteux

A toi, ma dulcinée, mon amour, ma chérie, je te soumets cette modeste bafouille
Ce présent traduit mal mon attachement et surtout de te décevoir la trouille
M'as-tu bien compris car le geste se décrypte, la parole s'interprête mais l'écrit
Quoi de plus ardu que de penser et coucher dans l'ordre des mots manuscrits

03:21 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09/05/2008

L'amour de la laine.


Deux pelotes de laine, une rose, une bleue. Quoi de plus banal que ces deux boules de poils qui traînent au fond du fauteuil, piquées sur de grosses aiguilles à tricoter. Devant, Nelson, le chat toujours fatigué, en boule lui aussi, la queue perdue dans sa fourrure, ronfle en rêvant, sans doute, à des souris roses et bleues. Pas question de toucher aux balles de la patronne. Un coup d'aiguille est si vite arrivé !
La maison est désertée par les humains bruyants. Le calme règne. C'est le moment. Les deux pelotons se réveillent, s'ébrouent, se lancent des regards complices, se débarrassent de ces aiguilles paralysantes et entreprennent une danse silencieuse autour du matou. Qu'il aille roupiller ailleurs. Il leur faut la place et cette surveillance féline les gêne. Le greffier, dérangé, baille, étire ses pattes, sort ses griffes et quitte les lieux en miaulant : "vraiment, on n'est tranquille nulle part !"
La fête ! Oui, nous allons faire la fête. Et que peuvent faire joyeusement ensemble une pelote bleue et une pelote rose ? L'amour, pardi ! Ne soyez pas bégueules, chers lectreurs et lectrices. Vous y avez pensé aussi ! Collées l'une à l'autre, elles se bécotent, se sucent le brin, s'enlacent, s'emmêlent, se font de savants noeuds, se lient dans une étreinte sans fin. Quelle belle journée, à l'abri des oreilles et yeux indiscrets.
Du bruit... On vient. Vite, reprenons nos places. Oui, mais... Ils se sont tant aimés qu'au moment de la séparation... il y a comme un noeud.
- Mais lâche-moi...
- Dis donc, c'est plutôt toi qui me tient.
- Qu'allons-nous faire ?
La boule rose est paniquée. Heureusement, la sphère bleue ne manque pas d'imagination.
- Fais comme moi. Arrache-toi des fils. C'est Nelson qui va prendre la dérouillée.
- Nous allons nous retrouver tout nus ?
- Et tantôt, on était comment, innocente ?
La maîtresse de maison contemple le massacre. Sagouin de Nelson ! Où est-il celui-là ?
- Ah, te voilà, toi ! Tu as vu ce que tu as fait ?
Un miaulement de tendresse lui répond puis soudain, un cri atroce, une galopade, puis plus rien.
- Nelson, descend de cette armoire.
- Miaouuw ? Pas fou. Tu peux toujours attendre. Dépose d'abord ton balai...
Retour aux pelotes. La commère pleure le massacre, tâte le brin de chacune, hoche la tête. Un sacré boulot de démêler tout ça. Elle va y passer la soirée. Et d'abord couper ce brin abîmé...
- Non, pas celui-là hurle la pelote bleue. Trop tard. Sous le choc elle vire... au rose.
Le pull est enfin terminé. A son anniversaire, le compagnon a hérité du tricot rose bonbon nuancé de bleu. Il a d'abord refusé de le porter et finalement ne le met que le dimanche lorsqu'il chante à la grand-messe. Elle l'accompagne à l'harmonium qu'elle esquinte allègrement. Mais depuis, elle a dû sauter deux octaves. Son Jules a la voix qui mue "à l'envers". A soixante-quinze ans ? Et le docteur qui ne trouve rien et rigole...

18:45 Écrit par Rhadamanthe dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |